Electroneuromyogramme

L’amylose, quelle qu’en soit l’origine, peut s’accompagner d’une atteinte des nerfs périphériques (neuropathie), qui va s’exprimer notamment par des troubles sensitifs (engourdissements, fourmillements, douleurs) au niveau des membres (pieds, mains). Le principal examen complémentaire pour objectiver et évaluer une neuropathie s’appelle l’électromyogramme (EMG) ou examen électroneuromyographique (ENMG). L’ENMG est un examen de diagnostic médical couramment effectué depuis plus de 30 ans, au moyen de machines particulières qui permettent d’étudier l’activité électrique correspondant au fonctionnement des nerfs et des muscles. Près de 3000 examens ENMG sont réalisés par an dans le service d’explorations fonctionnelles de l’hôpital Henri Mondor de Créteil.

L’examen est réalisé en binôme par un médecin et un technicien spécialisés dans ce type d’examen et comporte plusieurs parties.

La première partie de l’examen consiste à étudier le fonctionnement des grosses fibres nerveuses sensitives et motrices en stimulant les nerfs avec du courant électrique de faible intensité (quelques milliampères). Les stimulations sont appliquées sur la peau au moyen d’une électrode pourvue des petits tampons en feutre. Ces stimulations déclenchent un influx nerveux qui est enregistré quelques centimètres plus loin au moyen d’une seconde électrode du même type. Il n’y a pas de piqûres, pas de douleur. La seule chose que l’on ressent est une sensation de picotement ou de décharge électrique très localisée, et une petite secousse musculaire si l’on étudie un nerf moteur. Le signal électrique correspondant à l’influx nerveux généré par la stimulation est visualisé sur l’écran de la machine d’ENMG comme une réponse ayant une certaine taille et une certaine vitesse de propagation que nous analysons.

La deuxième partie de l’examen consiste à étudier les petites fibres nerveuses qui s’occupent de la sensibilité au chaud, au froid, à la douleur, et sont impliquées dans certaines activités réflexes, comme la régulation de la fréquence cardiaque et de la transpiration. Ces différentes fonctions sont étudiées par des tests spécifiques et objectifs, au moyen de différents types de stimulation et d’enregistrement d’activités réflexes. Ces méthodes sont totalement non-invasives et non douloureuses et sont un domaine d’expertise reconnue à notre laboratoire.

La durée totale de l’examen est d’environ 45 minutes en moyenne.

Dans le cadre de l’exploration et du suivi d’une neuropathie liée à une amylose, il n’y a généralement pas besoin d’utiliser d’aiguilles pour stimuler les nerfs ou enregistrer les réponses nerveuses ou l’activité musculaire. Dans notre pratique quotidienne à l’hôpital Henri Mondor, le recours à des aiguilles d’EMG est donc exceptionnel dans le contexte clinique de l’évaluation d’une neuropathie amyloïde, l’important étant d’étudier les paramètres de conduction nerveuse sensitive et de fonction des petites fibres nerveuses. Cet examen n’est donc pas douloureux et est parfaitement bien supporté.

Cet examen permet le diagnostic d’une neuropathie, mais aussi l’évaluation objective de sa sévérité au moyen des différents paramètres mesurés. Un contrôle régulier de l’examen est nécessaire (par exemple annuel) afin de suivre l’évolution d’une neuropathie liée à une amylose ou son traitement sur les différents paramètres ENMG.